On l'attendait, la voici ! La première erreur de l'équipe de Maurice Vincent a été
commise en début de semaine, avec le refus d'accueillir la cérémonie de couronnement de Miss France 2009 au Zénith de Saint-Etienne. Motif invoqué : la ville hésiterait à investir 250 000 euros
pour cet évènement.
Rappelons quelques données :
. Miss France est le 5ème évènement audiovisuel français chaque année, avec environ 12
millions de téléspectateurs.
. Le programme dure plus de 3 heures, durant lesquelles de nombreux spots présentant la
ville, ou tournés dans cette dernière, sont diffusés.
. L'équipe de Miss France passe 3 semaines dans la ville d'accueil et ses
hôtels.
. La cérémonie aurait eu lieu très peu de temps après l'inauguration du Zénith et
de la Cité du Design.
. Les retombées économiques directes et à long terme d'un tel évènement sont estimées à 2
millions d'euros minimum.
Cela veut dire que pour 1 € investi, l'économie locale récupère 8 € au bas mot ! On
savait déjà que pour la gauche, le mot "pragmatisme" est une insanité et que les idéologies priment sur le réalisme économique. On en a ici la preuve flagrante.
M. Vincent aurait eu l'occasion de présenter à la France entière une ville neuve,
embellie, dynamisée et ambitieuse. Visiblement, il ne le souhaite pas. On a beau se forcer, on ne le comprend toujours pas. Aucune ville ne se serait pas battue becs et ongles pour obtenir cet
évènement, qui ne peut avoir que des conséquences positives.
L'explication ne peut être qu'idéologique. Certes, Miss France est un grand raout
populaire pas très subtil, voire ringard, moqué consensuellement par l'intelligentsia culturelle, et drivé par un grand groupe de mass media aux bénéfices vertigineux. Mais une majorité de
Français y reste tout de même attaché, car les belles robes et les tenues de soirée font rêver, n'en déplaise aux hommes d'esprit. La culture, c'est ce que chacun met devant ses yeux et ses
oreilles, quelle qu'en soit la qualité, et il faut respecter tous les goûts !
Ainsi, comme on pouvait le craindre, la gauche à Saint-Etienne a démarré, par ce premier
coup d'éclat, une politique de petits bras, de renoncement et d'aveuglement partisan. Et ce n'est pas fini ! Faisons-nous oracles. Dans quelques semaines, la majorité municipale devrait se
scinder au Conseil Municipal en différents groupes, selon la place sur l'échiquier des partis. Afficher de plus en plus ses divergences. Poursuivre une ligne politicienne sans aucun souci des
nécessités pour la ville. Mettre en danger le fragile équilibre dans lequel Saint-Etienne avait réussi difficilement à s'installer.
Maurice Vincent n'est pas mauvais homme. Mais pour gagner l'élection contre un Michel
Thiollière rassembleur et sans oeillères, il a dû jouer l'identité et faire appel aux membres de sa famille, trop grande, trop ramifiée, trop désunie. Il doit maintenant composer avec chacun, y
compris les plus idéologues. Et les difficultés vont arriver, on en voit déjà les prémices. Le cas Miss France n'est que le lancement d'une course aux erreurs partisanes, qui sera à coup sûr le
lot des Stéphanois dans les années qui viennent.
Mais ne nous décourageons pas et espérons. Réfléchissons dès maintenant aux outils d'une reconquête,
qui passera par des idées ambitieuses, une équipe unie, moderne et dynamique, qui saura faire fi des camps et intégrera les meilleures idées au service d'un seul but : le bien-être et la réussite
de Saint-Etienne et de tous les Stéphanois !
Guillaume